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Musique

Taos Amrouche, la voix-mémoire de la Kabylie, comme vous ne l’avez jamais vue

La Rédaction

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Taos Amrouche, la porte-mémoire de la Kabylie, parle des chants qu’elle a recueillis. Cette voix chaleureuse se confie avec une immense émotion sa passion de la culture berbère.

Romancière et chanteuse, Taos Amrouche a chanté des poésies rares.

Taos Amrouche appartient à la Petite Kabylie, par son père, à la Grande Kabylie, par sa mère. Mais les hasards de l’histoire qui voulut que ses parents, en échange d’une bonne instruction française, fussent amenés à adopter le christianisme, puis la nationalité française, la firent naître à Tunis où les siens s’étaient exilés pour fuir l’exil intérieur au pays même. En cette « figue de Barbarie » que fut la famille Amrouche, deux des enfants, Jean et Taos, voulurent préserver la conscience la plus aiguë de leur double appartenance maghrébine et française, et s’attachèrent à jouer un rôle médiateur.

C’est à leur mère, Fathma, qu’ils doivent d’avoir su relier les rives des deux mondes. Cette femme, auteur d’une Histoire de ma vie (1968), se rattachait à une lignée d’aèdes, dont elle avait retenu les chants. Jean et Taos se mirent, l’un à traduire les poèmes, et cela donna les Chants berbères de Kabylie (1939), l’autre à compléter la collecte et à interpréter les chants. Douée d’une voix exceptionnelle, allant du plus grave au plus aigu, à la fois ample et riche de timbre, Taos, dès vingt ans, se sentit appelée à se consacrer aux monodies millénaires héritées de sa lignée. Sa participation au congrès de chant de Fès, en 1939, lui vaut d’obtenir une bourse pour la Casa Velázquez, à Madrid (en 1940 et 1941), pour rechercher dans le folklore ibérique les survivances de la tradition orale berbère.

À la Casa Velázquez, Taos rencontre celui qui deviendra son mari, le peintre André Bourdil. De leur union naîtra une fille unique, aujourd’hui la comédienne Laurence Bourdil. De Madrid, ils retournent vivre à Tunis, puis à Alger, où Bourdil est pensionnaire à la Villa Abd el-Tif. Ils viendront définitivement s’installer en France en 1945. Les occasions de chanter en public ne se présentent pas tout de suite. Il y a eu, à Madrid et à Barcelone, en 1941, les premiers récitals ; mais, en France, c’est la guerre. (Lire la suite ici)

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