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Politique

Comment la France gère-t-elle le dossier algérien ?

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Abdelaziz Bouteflika est candidat à un cinquième mandat présidentiel malgré sa santé déficiente, suite aux séquelles d’un accident vasculaire cérébral.

Michaël Darmon raconte mardi 30 octobre sur Europe 1 l’envers du décor. La France surveille les évolutions en Algérie avec beaucoup d’inquiétude.

La candidature a été annoncée par le secrétaire général du FLN, même si elle n’a pas encore été confirmée, cela ne change pas un fait. Il faut savoir que les relations avec le pouvoir algérien sont en vérité plus gérées par la DGSE, les services de renseignement extérieurs que par le quai d’Orsay.
Le numéro un des services est Bernard Eymie, ancien ambassadeur de France, c’est tout dire. Et si l’on croise l’actuel l’ambassadeur de France en Algérie, le commentaire est « pas de commentaire sur la situation à Alger ».

Tout se passe à un niveau plus souterrain et même secret. Entre la France et l’Algérie, c’est un ballet d’émissaires de diplomates informels qui font des navettes dans différentes capitales d’Europe.
L’objectif est de nouer des contacts avec les prochains hommes forts du régime.

Un nouveau patron du renseignement a été nommé et plusieurs généraux ont été limogés en octobre. Ils occupaient les postes stratégiques dans les régions militaires, la Gendarmerie et la Défense. Officiellement ils sont accusés de corruption mais personne n’est dupe.

Le contexte d’une campagne présidentielle perçue comme délicate explique cette purge sans précédent. Elle touche aussi l’actuel président de l’Assemblée nationale algérienne puisqu’il a été empêché de rejoindre son bureau dimanche.

Les généraux qui dirigent le pays se répartissent la gestion des différents secteurs d’activité dans une opacité érigée en système.
Le frère du président Bouteflika semble avoir pris les rênes du pays. Les autorités françaises veulent empêcher la montée en puissance d’éléments plus radicaux qui menacerait la stabilité du régime.

Quelle est l’influence et l’action du gouvernement français dans ce contexte ?

L’Algérie est un terrain d’affrontement entre les Chinois, les Américains, les Turcs et bien sûr la France.
Les enjeux économiques mais également les ressources en gaz et pétrole expliquent cette bataille. Le pays est riche mais pratiquement rien n’est redistribué aux Algériens.
Des millions de capitaux algériens circulent en Europe et de grandes entreprises françaises sont implantées.
Et puis fait inhabituel, depuis quelques mois, les services français se sont mis à collaborer avec leurs homologues algériens qui surveillent les foyers d’Al Qaida dans la région.
Les Américains sont très offensifs face aux Français.

L’annonce de la candidature du président Bouteflika , un président maintenu en vie artificiellement fait monter la tension d’un cran, selon l’ancien patron de la DGSE Bernard Bajolet.
Quelle que soit la suite des événements, les règlements de compte entre les clans au sein du pouvoir pour l’après-Bouteflika sont lancés et c’est une source de grande inquiétude pour la France. Michaël Darmon

LIEN : L’édito politique par Michaël Darmon

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