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Musique

L’inoubliable dernier concert de Matoub Lounès au Zénith de Paris

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C’était en 1995. Matoub Lounès avait repris sa forme. Le Zénith était au comble des passionnés du rebelle. Au cours de ce mémorable concert, Matoub Lounès avait montré toute la mesure de son art.

Inimitable sur scène, il avait régalé avec de nouvelles chansons son public mais aussi par des reprises toujours remaniées avec un réel bonheur.

Ce jour, tous ceux qui étaient au Zénith vous diront aujourd’hui avec une pointe de fierté : « J’y étais ».

Dans un texte paru sur le site de l’INA on peut lire :

« Je n’ai jamais étudié ni la musique, ni l’harmonie. J’ai toujours travaillé à l’oreille et j’ai acquis cette oreille musicale en écoutant les anciens, en assistant aux veillés funèbres, là où les chants sont absolument superbes. Même en matière de musique, je suis un rebelle. »

Lounès Matoub a commencé la musique à l’âge de 9 ans. Il fabrique alors sa première guitare à partir d’un bidon d’huile de moteur vide et de fils de pêche. Le chanteur algérien sort son premier album en 1978 et commence à fustiger le gouvernement de l’Algérie, à qui il reproche l’assassinat d’intellectuels. Il est alors interdit d’antenne et ne passe pas dans les médias algériens. Ses textes dérangent, à tel point qu’il est enlevé le 25 Septembre 1994 par des terroristes du Groupe Islamique armé (GIA). Mais suite à la pression du peuple kabyle, il est libéré quelques jours plus tard.

Trois mois plus tard, Lounès Matoub est déjà de retour sur scène au Zénith de Paris pour plusieurs concerts. Dans ce reportage de France 2 diffusé en 1995, un spectateur décrit le personnage : « Il n’a jamais baissé les bras. Toujours combatif et il combat toujours. C’est un bonhomme qui n’a pas peur de mourir. » Et une femme de rajouter : « Sincèrement, on est tous avec lui. Intégrisme, non ! Fanatisme, non ! ». Le poète algérien bénéficie du soutien de tout un peuple. Ses textes mordants renvoient dos à dos les intégristes et le gouvernement algérien. Malgré des chansons à connotation politique, Lounès Matoub le revendique. Il n’est pas un politicien.

« Je ne suis pas un politique, je suis un chanteur. »

Lounès Matoub est assassiné le 25 juin 1998 à quelques kilomètres d’Ath Douala. Ses assassins n’ont jamais été identifiés formellement. Certains voient la main d’un clan du pouvoir de l’époque car Matoub Lounes devenait très important en Kabylie. Il fallait le faire taire. D’ailleurs il venait de finir son dernier album dans lequel il pastichait l’hymne national.

Matoub Lounès restera un Rebelle, droit et tout entier dévoué à ses convictions et à son art.

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