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Mémoire

Le jour où le colonel Houari Boumediene a failli être assassiné

La Rédaction

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Le président Boumediene a été la cible d’un attentat mené par deux policiers en plein coeur d’Alger.

« C’est mercredi 24 avril 1968, le conseil des ministres venait de s’achever le chef de l’État, Houari Boumédiène, est invité à déjeuner chez le ministre Rabah Bitat. Les deux hommes s’engouffrent dans la voiture présidentielle. Détendu, Boumédiène plaisante avec son chauffeur, Nait Marzouk el-Hachemi : « On est invités, aujourd’hui. Et celui qui nous invite est assis à mes côtés ! » Il est 12 h 55. Le véhicule contourne la grande bâtisse blanche où se réunissent les membres de l’exécutif tous les mercredis.

Dans un virage, deux policiers de la Compagnie nationale de sécurité sont postés de chaque côté de la chaussée. Quand la voiture arrive à leur hauteur, le conducteur tourne instinctivement la tête vers celui de gauche… et le voit dégainer son arme et appuyer sur la détente. L’arme s’enraie. Le second policier se met à tirer en rafales. Panique à bord. Tandis que Nait Marzouk se retourne pour faire baisser sa tête au président, une balle le touche en plein visage. Elle entre par la joue droite. Le chef de l’État, lui, est atteint à la joue gauche. Les tireurs sont ensuite interceptés et le président est évacué à l’hôpital Maillot.

Sauvé in extremis

En attendant de passer sur le billard pour que la balle soit extraite, Boumédiène reçoit la visite de deux ministres. Le sourire aux lèvres, il lance : « J’ai la peau dure. » En français dans le texte… Le président algérien vient d’échapper in extremis à une tentative d’assassinat, après avoir évité un putsch quelques mois plus tôt, en décembre 1967. Dans les deux cas, Tahar Zbiri est à la manœuvre. L’ancien compagnon d’armes du coup d’État de 1965 contre Ahmed Ben Bella n’est pas satisfait de son traitement.

Le climat politique est dégradé. Les services de sécurité n’ont cessé d’alerter le président. Kasdi Merbah, le patron de la sécurité militaire, l’a exhorté à recevoir ses ministres au palais d’El-Mouradia plutôt que de descendre chaque semaine à leur rencontre dans le centre de la capitale. Réponse du chef de l’État : « C’est le mektoub [“destin”]. Tu as vu Kennedy? Il était à la tête d’un pays puissant, cela n’a pas empêché un homme de lui tirer dessus. » Ce jour d’avril 1968, le tireur n’était pas Lee Harvey Oswald et Boumédiène n’était pas Kennedy. C’est peut-être ce qui lui a sauvé la vie. Ainsi que celle de ses assaillants : condamnés à mort, ils ne verront jamais le président signer l’arrêt d’exécution, raconte Jeune Afrique.

Quelques jours plus tard, le 1er mai 1968, le colonel Boumediene apparaît pour un discours avec un bandage.

Le détail est raconté dans ce document exceptionnel réalisé tout de même par l’ENTV dans lequel nous voyons Kasdi Merbah, l’ancien patron de la Sécurité militaire, le chauffeur du président apporter leurs témoignages.

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