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Mémoire

Hommage à Matoub Lounès au Bataclan de Paris

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« Le poète assassiné il y a vingt ans aimait éperdument la vie. Pourtant, il sentait la mort rôder. Plusieurs fois, il avait trompé la faucheuse, jouant de l’esquive, savourant cette joie du survivant empreinte de mélancolie. En 1988, alors que la jeunesse algérienne se soulevait contre la misère et défiait un pouvoir FLN vermoulu, il a manqué d’y passer.

Sur la route d’Aïn El Hammam (ex-Michelet), sa voiture est interceptée par les gendarmes. Il est accompagné d’étudiants venus de l’université de Tizi-Ouzou. Le groupe transporte des tracts appelant à la grève générale. L’un des gendarmes injurie le chanteur avant de lui tirer dessus. Cinq balles à bout portant. Lounès Matoub s’effondre. Après huit mois d’hospitalisation et quatorze opérations chirurgicales, il réapparaît sur des béquilles, debout, pour un immense concert au stade de Tizi-Ouzou. Les paroles des chansons composées durant son interminable convalescence, réunies dans l’album l’Ironie du sort, sifflent comme des munitions retournées à l’envoyeur. « Si les balles tuent/Me voilà vivant, je ne suis pas mort ! » Dans le même opus, ces mots prémonitoires : « J’ai payé pour ces montagnes le prix du sang/Ma trace restera, même s’ils en ont juré l’effacement »… écrit l’Humanité en hommage au poète.

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