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Politique

Le président Bouteflika fait annoncer sa candidature pour un 5e mandat

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Le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a adressé mercredi 28 novembre aux participants à la rencontre Gouvernement – walis un message, lu en son nom par le Secrétaire général de la présidence de la République, Habba Okbi, dont voici la traduction APS:

Mesdames, Messieurs, les membres du Gouvernement,

Mesdames, Messieurs, les walis, 

Mesdames, Messieurs, membres des Assemblées élues nationales et locales,

Mesdames, Messieurs, cadres des Services de l’Etat, 

Mesdames, Messieurs,  

Votre réunion, aujourd’hui, dans le cadre de cette rencontre annuelle, coïncide avec les festivités marquant la célébration par notre peuple de l’anniversaire de son insurrection historique contre le colonisateur et le déclenchement de la guerre de libération pour le recouvrement de sa liberté et sa dignité. Une guerre à laquelle nous avons eu l’honneur de participer aux côtés de valeurs et vaillants frères, dont certains sont morts en martyrs et d’autres ont poursuivi l’oeuvre de libération jusqu’à son aboutissement et contribué, par la suite, à l’édification et à la construction.

Vous avez, vous walis, cadres centraux, élus ainsi que les milliers de compétences et d’agents intervenant sur le terrain, la lourde charge de servir votre pays et votre peuple et la responsabilité de fidélité au serment fait au Chouhada de la Révolutions et au martyrs du devoir national.

Vous êtes d’ailleurs aujourd’hui réunis en ce lieu, le plus symbolique du sens de la responsabilité et de la loyauté à la patrie et du mérite d’être au service de votre peuple, car vous représentez le socle de l’édification de l’Algérie de la fierté et de la dignité.

Les deux dernières décennies de la vie de notre pays n’ont pas été faciles et nombreux sont, ceux parmi vous, à avoir eu l’honneur de m’accompagner dans ce processus à différents niveaux de responsabilité et vous avez été à la hauteur, vous avez consenti des sacrifices et réussi de grandes réalisations.

Nous nous sommes attelé, avec sincérité et dévouement, à faire sortir les enfants de cette patrie d’une guerre intestine et de la barbarie sauvage qui s’y était répandu, puisant notre détermination des valeurs suprêmes de Novembre 54 et des vertus de tolérance, de fraternité et de concorde.

Nous avons oeuvré à ce que notre pays reprenne sérieusement son développement à travers la reconstruction de ce que les forces du mal et de la destruction se sont évertuées à saborder et l’accomplissement de grandes réalisations publiques dans une véritable course contre la montre, et en un laps de temps, nous avons tracé des routes, relié des villages, des bourgades et des agglomérations aux différents réseaux, construit des pôles industriels, de nouvelles villes et des infrastructures publiques, témoins de l’incroyable résilience de ce peuple et sa capacité à surpasser les plus douloureuses crises et épreuves.

Ce que nous avons accompli, ensemble, en termes de sécurité et de progrès grâce aux énormes sacrifices des uns et des autres suscite l’admiration des peuples, frères et amis, qui y voient un exemple de développement social intégré ayant réhabilité l’homme, en le plaçant au coeur de l’approche de développement.

En matière de sécurité, la réconciliation nationale et le vivre ensemble en paix sont devenus les grands titres d’une approche stratégique internationale de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme dans le monde. Une stratégie née de la souffrance de ce vaillant peuple qui a donné au monde, par le passé, une leçon de sacrifice et d’émancipation, et qui est devenu aujourd’hui, grâce à ses sacrifices et à la clairvoyance et à la sagesse de ses enfants, une référence en matière d’extinction des feux de la Fitna, de lutte contre la division et d’éradication de la logique de haine.

Aussi, est-il normal que la stabilité de notre pays soit ciblée par des cercles de prédateurs et de cellules dormantes qui s’acharnent à attenter à sa crédibilité et à la volonté de ses enfants. Les manoeuvres politiciennes que nous observons à l’approche de chaque échéance cruciale pour le peuple algérien est la preuve tangible de ces intentions inavouées, qui s’éclipsent dès que notre valeureux peuple leur tourne le dos.

Il est de votre devoir, mesdames et messieurs les walis et les élus, de faire montre de vigilance et de vous attacher à permettre au peuple d’exercer sa souveraineté et de poursuivre son oeuvre.

Si certains réduisent les enjeux du présent et de l’avenir au changement et à la succession des responsables et des personnes, et entreprennent, pour des raisons obscures, de propager cette idée, vous savez, vous qui êtes sur le terrain, à relever au quotidien les défis sécuritaires et socioéconomiques, que l’enjeu est beaucoup plus grand.

Il y va de la protection des réalisations accomplies par le peuple ces deux dernières décennies et de leur préservation et valorisation à son profit. Il s’agit, également, de se hisser à un niveau plus élevé dans l’acte de développement et dans l’action politique.

Les aventuristes qui font dans la promotion de la culture de l’oubli, du déni et de la négation ne sauront jamais des forces de construction et d’édification. Bien au contraire, ils dissimulent les faucilles du massacre, qu’ils n’hésiteront pas à utiliser pour faire basculer le pays dans l’inconnu.

Les acquis enregistrés par l’Algérie sont le fruit de l’effort de toute une génération de ses loyaux enfants à avoir accompli et qui accomplissent encore, convenablement, leur devoir et vous êtes à leur tête. Une génération qui a consenti des sacrifices pour que l’Algérie sorte de la spirale de l’insécurité et du sous-développement et retrouve le chemin du développement et de la modernisation.

Ce que nous avons accompli jusqu’à présent n’est qu’une étape dans un long processus. Oui, de nombreux défis nous attendent et nous ne pouvons, après toutes ces réalisations, nous attarder sur des thèses pessimistes et défaitistes, qui n’ont d’objectif que de freiner notre marche.

La Nation algérienne fonde sur vous de grands espoirs. Les Collectivités locales sont appelées à s’acquitter pleinement de leur rôle dans le développement national, et j’ai donné des instructions claires pour le renforcement de la décentralisation, la promotion du Service public, et pour vous permettre d’assumer pleinement vos responsabilités en matière de gestion des affaires publiques locales.

J’attends de chacune et de chacun de vous, de sortir, par votre sérieux et votre persévérance, du cadre routinier et monotone de votre travail de mise en oeuvre de programmes publics et de politiques, développées et décidées au niveau central, et d’adopter un nouveau mode de gouvernance, basé sur l’initiative, l’anticipation, la gestion par objectif et l’approche par résultats.

Les grandes lignes de la stratégie nationale sont fixées et connues de tous. Discutées et examinées à maintes reprises, elles consistent essentiellement en:

 L’affranchissement de la dépendance à la rente pétrolière et la concrétisation de la diversification économique escomptée à partir des spécificités des collectivités territoriales que vous représentez ou que vous administrez,

 La modernisation et la réhabilitation de notre Administration par l’intégration judicieuse des technologies de l’information et de la communication suivant un modèle où l’usager est au coeur de l’approche,

– La poursuite des efforts pour la consolidation des acquis du développement humain, en oeuvrant davantage à la satisfaction des besoins de nos citoyens, même dans les régions les plus éloignées, ainsi que l’accompagnement de la dynamique économique en garantissant les structures  et infrastructures stratégiques nécessaires.

 La généralisation des bénéfices du développement socio-économiques aux quatre coins du pays conformément aux orientations du Schéma national de l’aménagement durable du territoire, et ce, à travers une organisation administrative et territoriale cohérente et appropriée.

 La libération des énergies populaires à tous les niveaux et leur mobilisation autour de notre projet national à travers des approches participatives et des incitations entrepreneuriales, ouvrant la voie devant chaque jeune algérien pour être un acteur clé dans le présent et l’avenir de son pays, écouté et respecté à tous les niveaux et auprès de tous les organismes, publics et privés.

– La préservation des constantes de notre identité nationale et la promotion d’une identité singulière du citoyen algérien, une identité qui fasse sa particularité dans un monde en constante mutation accélérée et qui menace de disparition toutes les spécificités au profit de la globalisation, et ce, à travers un renouveau culturel, religieux et linguistique harmonieux avec notre histoire et en phase avec les défis civilisationnels de l’époque.

– Le développement de relations internationales équilibrées, cordiales, ouvertes et fidèles aux valeurs de l’Etat algérien de soutien en faveur des causes justes. Un Etat jaloux de sa souveraineté et respectueux de celles des autres pays. Un Etat qui consacre les valeurs de paix et de modération et le respect responsable des libertés individuelles et collectives.

Ce sont là, des objectifs nobles que nous avons veillé à ce qu’ils président toutes nos politiques publiques et auxquels chacun de vous doit adhérer et s’imprégner de leurs vertus pour améliorer vos performances locales suivant leurs orientations.

Aujourd’hui, vous êtes réunis ici non seulement pour recevoir des instructions mais aussi pour exprimer vos opinions et visions, car vous constituez, pour moi, une force de proposition. La proposition d’acteurs sur le terrain, appelés à dépasser la logique d’attente et de demande, à inciter le citoyen à se retrousser les manches et à valoriser les potentiels et les capacités.

Pour atteindre cette fin, chacun de vous doit oeuvrer à la valorisation des ressources humaines dont il dispose à travers des politiques de formation et de recyclage lucides, ciblées et cohérentes avec les stratégies adoptées. De même que vous devez prendre en charge les préoccupations des personnels travaillant sous votre direction et tutelle afin qu’ils se consacrent pleinement à la concrétisation des  objectifs suprêmes de ces stratégies. Ils sont votre force de frappe sur le terrain et beaucoup d’entre eux ont des compétences qui ne demandent qu’à être encourager par vous.

Il ne s’agit pas, simplement, d’ouvrir de nouveaux postes budgétaires, mais plutôt d’optimiser les ressources disponibles en plaçant, au moment opportun, l’agent qu’il faut à la place qu’il faut et en s’assurant de sa rentabilité pleine et complète.

Mesdames, Messieurs, les walis

Mesdames, Messieurs,

Au moment où vous vous attelez d’arrache-pied à la matérialisation des stratégies tracées sur le terrain, nous constatons la propagation, dans la société, de fléaux représentés par des parasites handicapant pour vous et sabordant vos efforts à des fins malveillantes, et qui s’appliquent, sans vergogne aucune, à imposer des pratiques répréhensibles et condamnables par la loi et la morale, à l’image de la corruption, le clientélisme et la bureaucratie.

Vous êtes confrontez quotidiennement et continuellement aux tentatives de ces éléments dévoyés, qui ne laissent passer aucune occasion dans vos programmes d’action sans essayer de l’exploiter afin de réaliser leurs viles fins dans les différents secteurs d’activité.

Ces pratiques, sont les maux les plus dangereux à ronger notre société et les plus grands défis auxquels notre pays fait face à l’heure actuelle. Des pratiques face auxquelles il faut rester intransigeants et que chacun de vous doit combattre de toutes ses forces et par tous les moyens de dissuasion, et soyez assuré de tout mon soutien.

Ce sont là, en partie, des agissements qui entravent la concrétisation des objectifs escomptés de notre stratégie et la détourne de sa trajectoire, portant ainsi atteinte à la crédibilité de l’action du pouvoir public et décourageant l’usager du Service public dans son engagement et sa mobilisation mais également dans sa confiance envers tout ce que représente le pouvoir public en termes de signification et de valeurs.

La concrétisation de nos objectifs ne saurait être possible sans l’éradication de ce mal incurable qui tend à se propager davantage. Aussi, autant est-il attendu de vous la matérialisation des grands objectifs de notre politique publique, que leur immunisation contre les manœuvres de cette espèce perfide qui n’a cure des souffrances, attentes et aspirations de nos concitoyens, ni des ambitions de notre pays, et qui n’agit que par pur égoïsme et sordides intérêts.

Votre souci doit découler de votre rôle pivot en tant que représentants du pouvoir public, de soutien du citoyen dans l’application de la loi, et de commis de l’Etat dans la préservation de ses institutions et la consolidation de sa stabilité.

Toute atteinte à la stabilité des institutions de l’Etat est une atteinte à la Constitution et à l’un des piliers de ce pays inexpugnable qui nous réunit et nous protège contre les visées des haineux.

C’est pourquoi, l’adhésion autour des institutions de la République et leur défense est un devoir de tout un chacun afin barrer la route à toute tentative de leur instrumentalisation pour de funestes visées ou pour leur déstabilisation.

Vos missions ne diffèrent pas de l’effort consenti, avec abnégation, par nos enfants, membres de l’Armée nationale populaire et autres corps de sécurité, qui veillent, de jour comme de nuit, à la défense de ce pays et sa protection contre ceux qui le guettent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Eux s’attèlent à l’immunisation de la patrie aux frontières et vous à travers ses institutions, le développement de ses performances et l’amélioration de ses services.

Certes, nous avons réalisé beaucoup de travail, notamment durant les deux dernières décennies où nous sommes parvenus à améliorer l’ensemble des indicateurs fondamentaux de développement. Néanmoins nous nous apprêtons, dans l’étape à venir, à nous aller vers un processus dont les enjeux  sont le défi de la qualité, l’efficacité économique et l’intégration du développement durable.

L’Etat est à vos côtés à vous soutenir et ne ménagera aucun effort pour la poursuite et la consolidation de son appui au processus de développement national, en dépit des contraintes et des obstacles.

L’Algérie est capable, grâce à ses enfants, à ses ressources et à sa détermination, de vaincre les esprits défaitistes et sceptiques et les semeurs du désespoir et du découragement, et rien ne saura la dissuader d’aller de l’avant.

Mesdames, Messieurs les walis,

Mesdames et messieurs,

Nous continuerons nos efforts car nous sommes convaincus que nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère avec de nouvelles priorités et des orientations différentes.

Une ère qui interpelle chacun de nous pour sortir la gouvernance territoriale de la logique de remédiation du déficit en  Service public à celle de la qualité des prestations publiques offertes et de les hisser rapidement en termes de créativité et de concurrence.

Je vous exhorte à faire de votre rencontre annuelle un espace de conception des plus judicieuses voies permettant d’atteindre les objectifs, d’orienter les politiques suivant ces développements et d’évaluer, minutieusement et périodiquement, leur mise en oeuvre, loin des traitements superficiels conjoncturels, de la logique des chasses gardés sectorielles et de la bureaucratie, devenue un véritable frein pour nos actions.

Telle est la destination que nous voulons atteindre, et dont vous aurez l’honneur d’en définir les contours et les repères pour permettre à notre peuple de s’y engager et de parachever son édifice.

Nos concitoyens ne sont découragés ni par les défis ni par les enjeux auxquels ils sont confrontés, mais par les manœuvres infâmes et les manigances dans lesquels certains se positionnent en spectateur guetteur ou en conspirateur, malgré qu’elles ciblent notre peuple et pays.

Face à ces attitudes inacceptables, il incombe à chacun d’assumer sa  responsabilité et de s’engager pleinement dans les options politique et économique nationales ou d’en sortir définitivement. L’ère des demi-mesures est révolue.

Et dit: « œuvrez, car Allah va voir votre œuvre, de même que Son messager et les croyants.

Gloire à nos valeureux martyrs ».

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Face à la répression et à la fausse élection du 4 juillet

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Depuis quelques semaines, la mobilisation est entrée dans une nouvelle phase, où le pouvoir augmente considérablement la répression, mais où en même temps le mouvement se politise en faisant face à cette répression et à l’enjeu de refuser la présidentielle du 4 juillet.

La répression a été importante à Alger vendredi. Dès le matin, on a pu voir que, comme chaque vendredi depuis le départ de Bouteflika, les routes étaient fermées par les militaires. Ainsi, les gens qui venaient d’autres horizons  n’avaient plus accès à la capitale. Même les personnes venant des quartiers éloignés du centre d’Alger ne pouvaient pas venir.

À 14h, on a remarqué qu’il y avait beaucoup moins de monde que pendant la période précédente, avant le début du mois de ramadan. Les routes étaient moins peuplées, les voitures passaient normalement.

La répression a débuté aux environs de 10h. La police a chassé les manifestants qui étaient à la Grande poste.La police a utilisé des sprays lacrymogènes assez puissants. Les manifestants, qui jeûnent pour la plupart d’entre eux, sont tombés comme des mouches. Une jeune a même été asphyxié et a commencé à vomir un liquide blanchâtre. La Grande poste a été quadrillée par la police mais, aux environs de 15h, avec les cortèges venant de Beb-El-Oued et de Didouche, les manifestants se sont renforcés, et criaient « la Grande poste, la Grande poste ». Les policiers ont longuement essayé d’arrêter la marée humaine ont fini par s’enfuir en cortège.

À Bordj Bou Arreridj, qui est devenu le symbole de résistance à cause de la grande mobilisation qui s’y tient depuis des semaines, apparemment des policiers ont tenté sans succès de stopper la marée humaine.

Le peuple résiste à la répression

Le résultat de la répression a donc produit l’inverse de l’effet recherché : les manifestants ont repris la Grande poste. Depuis le début, les manifestants ont continué à chanter leurs chants face à la police : on est en mai, et les algériens refusent la mascarade qu’est l’élection présidentielle prévue le 4 juillet par le pouvoir.

Les tenants du système ont compris que la détermination populaire est très forte et que toutes les manœuvres et les réformes au sein du système ne feront qu’augmenter la détermination des manifestants. Ils essaient donc d’étouffer la mobilisation via le ramadan et la répression, profitant du fait qu’il y a moins de monde dans la rue.

Les attestations arbitraires faites par Gaïd Salah ne sont autre qu’une ruse de déstabilisation et de démobilisation. C’est un règlement de compte à l’encontre des soi-disant symboles de vols et de corruption. L’incarcération de Louisa est, elle, une grave atteinte aux libertés démocratique que le peuple réclame depuis le 22 février.

La répression a fait reculer beaucoup de gens qui sortaient en famille durant les premières manifestations (surtout le 8 mars) et beaucoup de femmes aussi. Les femmes particulièrement constituent un poids important dans le mouvement face à ce système qui les opprime doublement, en tant qu’Algériennes du peuple et en tant que femmes. Leur implication dans le mouvement populaire leur a permis de s’exprimer et d’ouvrir beaucoup de débats restés clos pendant plusieurs décennies à propos de leurs droits.

Le mouvement se politise : contre l’élection du 4 juillet

Malgré ces difficultés, la mobilisation reste forte. Il y a une grande avancée dans les mots d’ordre. Ils sont plus politiques, plus pesants. « Pas de vote avec la bande [au pouvoir] » fût le slogan le plus repris durant la manifestation. « Wlach le vote wlach »(pas de vote), le slogan repris de 2001 a été très important également. Juste après, il y a eu aussi « pas de régionalisme,on est tous frères » pour dire qu’on a compris les manœuvres séparatistes du système qui veut créer des conflits sur la base identitaire, religieuse, et de genre pour affaiblir le mouvement.

On a repris la chanson de « el menfi », avec des paroles qui s’accordaient avec la politique libérale de Bouteflika et du système actuel, ces politiques qui ont fait écrouler l’économie du pays et n’ont servi que leurs intérêts jusqu’à présent. Le peuple s’en sert pour faire des slogans anti-libéraux :« Il a bâti une mosquée et il se soigne à Genève » ou encore « Nos richesses sont volées, et ils demandent encore à nous gouverner ».

D’ailleurs, ce dimanche 19 mai, à l’occasion de la commémoration du 19 mai 1956, jour où les étudiants ont rejoint les rangs de la guerre de libération nationale, de grandes manifestations étudiantes ont eu lieu. La police avait préparé la marche de son côté et a barricadé tout Alger centre. Tous les accès aux symboles du pouvoir étaient bloqués. La manifestation a commencé par la fac centrale, puis l’APN, un retour à la fac centrale, boulevard  Hassiba et retour sur l’APN. En chemin, plusieurs barrages policiers ont été cassés, malgré les coups de matraques. La police a été débordée, les manifestants courraient, contournaient les barrages, en forçant. Les slogans les plus repris étaient « pas de vote avec la bande », « Algérie libre et démocratique », « quelle honte, un policier qui opprime le peuple ».

L’alternative : la présidentielle ou la Constituante ?

Depuis le début du mouvement, nous défendons le mot d’ordre de la Constituante au service des classes populaires, des travailleurs, des femmes. Aujourd’hui, d’une certaine façon, ce mot d’ordre émerge via celui du « pouvoir au peuple » et on sait tous que la seule transition démocratique qui pourra donner tout le pouvoir de décision au peuple est bel et bien la Constituante.

En termes de contenu politique, il y a eu une grande avancée. Au début des manifestations, le plus urgent pour le peuple était de faire dégager le système et tous les pions qui y étaient encore implantés, les manifestants criaient donc au départ de la bande sans vraiment proposer une véritable alternative. Maintenant c’est différent car grâce à l’auto-organisation des secteurs, que ce soit à la fac, dans les lieux de travail, etc. Les gens sont de plus en plus politisés.

Mais malgré ça, le peuple a peur du vide constitutionnel, et beaucoup de gens pensent que rester sans président encore plus longtemps nous mènerait à la dérive. Il nous faut donc convaincre que déjà, pour avoir un changement radical dans le système, il faudrait éliminer tous les symboles de l’ancien pouvoir et élire ses propres représentants dans tous les secteurs, qui seraient les portes paroles des aspirations des masses, et surtout qu’ils soient révocables par la volonté populaire. Chez les travailleurs, le mot d’ordre de grève générale passe mieux, car la compréhension se développe que c’est la grève qui aurait le poids économique pour faire chavirer le pouvoir. La preuve, la démission de Bouteflika est venue le lendemain de la grève générale.

L. A.

Cet article a été repris de www.pst-algerie.org, site d’information du Parti socialiste des travailleurs (PST).

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Incarcération de Louisa Hanoune : le PT appelle à la solidarité

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Le Secrétariat permanent du Bureau politique du Parti des travailleurs (PT), réuni ce lundi suite au refus du Tribunal de Blida de libérer Mme Louisa Hanoune, a lancé un appel aux Algériennes et aux Algériens dont voici le texte :

Le Tribunal militaire de Blida vient de rejeter, ce lundi 20 mai 2019, la demande de libération provisoire de Louisa Hanoune.

Louisa Hanoune est la première responsable d’un parti politique emprisonnée depuis l’avènement du multipartisme dans notre pays. Ce qui est reproché à Louisa Hanoune, c’est de vouloir « changer le régime ». Elle est emprisonnée pour des raisons politiques, pour ses positions politiques. Elle est donc une emprisonnée politique.

Des millions et des millions d’Algériennes et d’Algériens manifestent depuis le 22 février dans les 48 wilayas du pays et dans l’immigration pour changer le régime. Le maintien de Louisa Hanoune en détention est une menace contre tous ceux qui veulent changer le régime. Le régime en crise manœuvre et réprime en cherchant à se préserver, pour se maintenir.

La nouvelle demande de libération ne sera examinée que dans un mois par le tribunal militaire. Pas un jour de prison de plus pour Louisa Hanoune. Plus que jamais nous exigeons la libération de Louisa Hanoune. C’est là le moyen pour s’opposer à la répression et aux menaces contre les libertés.

Le Parti des travailleurs réaffirme son soutien à sa secrétaire générale Louisa Hanoune. C’est pourquoi nous appelons les Algériennes et les Algériens, les Partis politiques, les organisations syndicales, les organisations de défense des droits de l’homme, les associations et les militants de défense des libertés et de la démocratie… à intensifier la campagne pour la libération de Louisa Hanoune.

Le Secrétariat permanent du Bureau politique

Alger, le 20 mai 2019

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Actu

Louisa Hanoune : le Tribunal de Blida rejette la demande de libération

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Le Tribunal militaire de Blida a rejeté, aujourd’hui 20 mai, la demande de libération provisoire de la Secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT), Louisa Hanoune, selon ses avocats maîtres Mokrane Ait Larbi et Boudjamaa Ghechir.  (Voir vidéo ci-dessous)

« La chambre d’accusation a examiné l’appel introduit par la prévenue Louisa Hanoune pour sa libération », ont-ils indiqué ajoutant que « l’audience s’est déroulée normalement, et après les délibérations, la chambre d’accusation a appuyé la décision du juge d’instruction portant son placement en détention provisoire ».

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