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Mémoire

Nadia Matoub se recueille sur le lieu de l’agression de Lounès par des gendarmes

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« Recueillement sur le lieu où un gendarme algérien avait tiré à bout portant sur Lounès Matoub le 9 octobre 1988.

« L’irréparable a été commis. Nous ne pouvons changer le passé, mais nous pouvons intervenir dans l’avenir.
Notre passé et nos souffrances sont notre force. Ceux que nous avons perdus dans la violence et le sang guideront nos pas par leur expérience et leur parcours.

Notre avenir, nous le voulons dans la paix, dans la lumière de la justice, dans la liberté, dans l’éclat de la jeunesse, dans l’épanouissement de l’individu et dans une société forte de son intelligence et de son humanité » a écrit  Nadia Matoub dans un message sur son mur Facebook ce mardi 9 octobre 2018.

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Mémoire

Il y a 30 ans, des gendarmes tiraient sur Matoub Lounès

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Il y a trente ans, un certain dimanche 9 octobre 1988, un gendarme algérien avait tiré à bout portant sur Lounès Matoub. Une rafale de cinq balles d’une kalachnikov pour faire taire un homme qui avait les mains en l’air. C’est près du village Lqern, par loin d’Azrou Qellal, sur la route menant de Larbâa n At Iraten (Fort National) à Michelet, que le salaud a commis le crime. Un tel acte, usant d’une arme de guerre, avait, sans doute aucun, comme intention de tuer.

Peut-on imaginer que le gendarme avait agi de son propre chef ? Difficile de le croire. Et rien ne pouvait justifier une initiative individuelle d’autant plus que le gendarme qui avait tiré n’était pas seul : ils étaient trois.

Les autorités de l’Etat algérien sont indéniablement les responsables de cet acte. On peut aisément dire que l’Etat algérien voulait, ce dimanche 9 octobre 1988, tuer Lounès Matoub. Et d’ailleurs, le gendarme auteur de la rafale n’a jamais été inquiété. Le commandement de gendarmerie avait même rendu public un communiqué, par voie de presse, par lequel il donnait sa version des faits ; une version truffée de mensonges.
Ce même Etat, qui a depuis son existence cultivé la haine de l’Amazigh et du kabyle en particulier, n’a jamais hésité à faire appel à l’assassinat et à la liquidation physique pour faire taire les voix qui se mettent sur son chemin et qui s’opposent à son idéologie arabo-islamique ayant pour principal objectif l’éradication de l’Amazighité.

Si Lounès Matoub a, cette fois-ci, échappé miraculeusement à la mort, le 25 juin 1998 aucune chance ne lui a été laissée. C’était une pluie de rafales qui s’est abattue sur lui sur cette route de Tala Bounane, pas loin de son village natal. L’Etat algérien venait de se débarrasser d’une voix dérangeante, d’une voix adulée par la jeunesse kabyle et amazighe.

Les supplétifs de cet Etat criminel se sont précipités à pour désigner des responsables de cet assassinat barbare alors que l’Etat lui-même n’a rien dit : il avait royalement ignoré cet évènement, alors que le monde entier avait condamné l’assassinat et présenté ses condoléances. Autant dire que l’Etat algérien n’avait pas caché sa haine. Lors des manifestations des jeunes kabyles qui ont suivi cet assassinat, trois jeunes ont été tués par les forces de répression algériennes et leurs supplétifs.

Nous avons tendance à l’oublier, c’est pourquoi il est nécessaire de le rappeler. Redouane Salhi, 22 ans, tué par les gendarmes samedi 27 juin 1998 à Sidi Aïch ; Rachid Aït Idir, 18 ans, tué par balle le 27 juin 1998 à Tizi-Ouzou et Hamza Ouali, 17 ans, tué à Tazmalt le 28 juin 1998. Et là, c’était l’Etat algérien qui avait assassiné ces trois jeunes au vu et au su de tous. L’Etat algérien est bien un Etat qui assassine en toute impunité. Et en 2001, qui a tué quelques 130 Kabyles ? C’étaient bien les gendarmes et militaires algériens. Dire aujourd’hui que cet Etat a assassiné Lounès Matoub est l’hypothèse la plus plausible difficile à remettre en cause.

Et comment, alors, peut-on accepter aujourd’hui que cet Etat vienne s’occuper de la mémoire de Lounès Matoub ? Comment peut-on accepter que cet Etat prétende honorer sa mémoire et consacrer à celui qu’il aurait assassiné un musée ?
On ne peut imaginer que la mémoire kabyle et amazighe soit si courte pour oublier la responsabilité criminelle d’un Etat anti-amazigh qui n’a aucune légitimité si ce n’est celle de la force qui lui a été concédée par la France coloniale. L’idéologie meurtrière et obscurantiste de cet Etat doit être combattue. De sa disparition dépendent notre liberté et notre dignité.

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Mémoire

Kaïd Ahmed et Bouteflika parlent de la destitution de Ben Bella

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Au lendemain du coup d’Etat du 19 juin 1965, Kaïd Ahmed, comme bon nombre des putschistes, justifie ce coup de force. Le commandant Slimane parle d’un Ben Bella qui « a bouffé tout le monde ».

Boumediene-Bouteflika et quelques autres membres du clan d’Oujda prennent de court Ben Bella qu’ils ont mis au pouvoir en août 1962. Ben Bella venait de signer un cessez-le-feu avec le FFS et avait commencé à isoler le clan d’Oujda. Mais c’était mal connaître Bouteflika, Boumediene et les autres. Ils voyaient bien que l’étau se resserrait sur eux. Alors ils sont passés à l’acte.

Abdelaziz Bouteflika, à l’époque fringant ministre des Affaires étrangères, botte en touche quand le journaliste parle de putsch. Invoquant l’armée nationale populaire et sa profondeur sociale, le ministre roule dans la farine sa réponse pour tromper l’opinion de l’époque. 3nous sortons des entrailles de ce peuple, le terme putsch est tout à fait impropre parce que la révolution continue », justifie-t-il. Allant même à assurer que la conférence des non-alliés que devrait organiser l’Algérie allait être organisée fin juin.

A la charge de Bouteflika, quelques jours seulement plus tard, tous les chefs de l’Etat renoncent à participer à cette conférence.

 

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Mémoire

Qui a tué Krim Belkacem ?

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L’homme n’est pas n’importe qui. Il a pris le maquis avec un groupe de compagnons dont Moh Nachid, Mohand Talah Messaoud Ben Arab.  dès 1947, bien avant le déclenchement de la révolution en 1954.  Il était important de faire une halte sur son parcours.

Nous vous livrons une interview très rare et inédite de Krim Belkacem enregistrée en 1969 à la suite de la création en 1968  du Mouvement démocratique de la république algérienne (MDRA). Accusé d’avoir organisé au mois d’avril 1967 un attentat contre Boumediène, manipulé et trahi par une partie de son entourage, le tribunal d’Oran a condamné Krim Belkacem à mort par contumace. La sentence sera exécutée deux ans plus tard contre le négociateur en chef des accords d’Evian.

« Le régime est un régime de clan, de polices parallèles, il  s’est imposé au peuple algérien par des putschs successifs…. Après avoir patienté cinq ans, nous avons créé le MDRA pour redonner au peuple algérien sa souveraineté… » déclare-t-il ici.

Krim Belkacem qui a aussi fait partie du premier noyau qui allait créé le FFS le 29 septembre 1963 avant d’être écarté, a dès l’indépendance affiché son opposition au régime de Ben Bella-Boumediene.

Il sera assassiné le 18 octobre 1970 à Francfort en Allemagne, avec la complicité des services d’espionnage algériens, comme l’ont souligné de nombreux auteurs et acteurs de l’opposition.

Dans un témoignage publié  par le quotidien d’Algérie, Bernard Golay, raconte les derniers jours de Krim : « … Krim était très mécontent de ce qui se passait en Algérie avec le coup d’Etat de Boumediene qui avait remplacé Ben Bella à la Présidence. Krim estimait que les accords d’Evian n’avaient pas été respectés, surtout en ce qui concerne les droits démocratiques. C’est ce qui l’a incité à créer avec ses partisans le Mouvement démocratique du Renouveau algérien (MDRA) après l’assassinat de Mohamed Khider, un des chefs historiques de la révolution et détenteur du Trésor du FLN, abattu à Madrid en juillet 1967.

Dès lors l’activité politique reprend le dessus accompagnée de mesures de protection. Lors de ses séjours en Suisse, Krim bénéficiait d’une autorisation de séjour et prenait soin d’aviser la police fédérale de ses arrivées.

Le 10 octobre 1970, un samedi matin, nous recevons un coup de téléphone d’une personne inconnue qui demande où il peut atteindre Krim Belkacem. L’interlocuteur précise qu’il se trouve en Allemagne et que c’est urgent.

Dans l’après-midi, Krim m’appelle de Genève, me laisse un numéro de téléphone et demande que ce correspondant l’appelle à 18 heures. Les lundi et mardi suivants, Krim débarque à mon bureau et reçoit des appels téléphoniques d’Allemagne. Le mercredi, il revient avec un billet d’avion pour Francfort et me demande de le conduire à Genève. Je le laisse à l’hôtel d’Angleterre où il a déjà séjourné. Comme il n’a pas envie de voyager la nuit, il décide de partir le lendemain. »

Dernier signe de vie

« Le samedi suivant, 17 octobre, Krim nous téléphone. N’étant pas moi-même à la maison, c’est Martine qui répond. Krim dit qu’il est à Düsseldorf et qu’il va se rendre à Francfort. «Je rappellerai demain, si je peux» conclut-il. Cela a été son dernier signe de vie.

Le lundi suivant, je reçois un coup de téléphone d’Yves Courrière qui me demande où est Krim. Je lui réponds qu’il est à Francfort et j’entends Yves s’écrier: Ah, les salauds!». Il me dit avoir appris par un communiqué de presse que le corps d’un homme non identifié – car aucun papier n’a été trouvé sur lui – a été découvert dans une chambre de l’hôtel Intercontinental. Le médecin constate que l’homme a été anesthésié et étranglé avec sa ceinture et une cravate.

La police allemande me contacte et peut alors identifier la victime. Par la suite, son fils venu d’Alger confirmera qu’il s’agit bien de son père. Une commission rogatoire de la police criminelle allemande viendra à Lausanne pour m’interroger. Trois semaines plus tard, les objets et documents votés sont retrouvés dans un casier à la gare de Francfort. J’ai reçu les copies des fiches d’hôtel des assassins et j’ai informé les amis de Krim de ces détails.

J’ai été prié de prendre soin des funérailles pour un premier ensevelissement au cimetière de Francfort.

Beaucoup plus tard, les autorités algériennes ont fait transporter le corps à Alger où il repose avec les autres dirigeants décédés. Il a connu le sort de beaucoup d’autres dirigeants algériens, qui ont été éliminés. C’est ainsi que Ben Bella et plus tard Boumediene traitaient leurs adversaires politiques. Sa famille ainsi que Martine et moi-même avons perdu un être très cher. Il nous manque ainsi qu’à sa Kabylie natale et à son pays. »

 

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