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Mémoire

Il y a 30 ans, des gendarmes tiraient sur Matoub Lounès

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Il y a trente ans, un certain dimanche 9 octobre 1988, un gendarme algérien avait tiré à bout portant sur Lounès Matoub. Une rafale de cinq balles d’une kalachnikov pour faire taire un homme qui avait les mains en l’air. C’est près du village Lqern, par loin d’Azrou Qellal, sur la route menant de Larbâa n At Iraten (Fort National) à Michelet, que le salaud a commis le crime. Un tel acte, usant d’une arme de guerre, avait, sans doute aucun, comme intention de tuer.

Peut-on imaginer que le gendarme avait agi de son propre chef ? Difficile de le croire. Et rien ne pouvait justifier une initiative individuelle d’autant plus que le gendarme qui avait tiré n’était pas seul : ils étaient trois.

Les autorités de l’Etat algérien sont indéniablement les responsables de cet acte. On peut aisément dire que l’Etat algérien voulait, ce dimanche 9 octobre 1988, tuer Lounès Matoub. Et d’ailleurs, le gendarme auteur de la rafale n’a jamais été inquiété. Le commandement de gendarmerie avait même rendu public un communiqué, par voie de presse, par lequel il donnait sa version des faits ; une version truffée de mensonges.
Ce même Etat, qui a depuis son existence cultivé la haine de l’Amazigh et du kabyle en particulier, n’a jamais hésité à faire appel à l’assassinat et à la liquidation physique pour faire taire les voix qui se mettent sur son chemin et qui s’opposent à son idéologie arabo-islamique ayant pour principal objectif l’éradication de l’Amazighité.

Si Lounès Matoub a, cette fois-ci, échappé miraculeusement à la mort, le 25 juin 1998 aucune chance ne lui a été laissée. C’était une pluie de rafales qui s’est abattue sur lui sur cette route de Tala Bounane, pas loin de son village natal. L’Etat algérien venait de se débarrasser d’une voix dérangeante, d’une voix adulée par la jeunesse kabyle et amazighe.

Les supplétifs de cet Etat criminel se sont précipités à pour désigner des responsables de cet assassinat barbare alors que l’Etat lui-même n’a rien dit : il avait royalement ignoré cet évènement, alors que le monde entier avait condamné l’assassinat et présenté ses condoléances. Autant dire que l’Etat algérien n’avait pas caché sa haine. Lors des manifestations des jeunes kabyles qui ont suivi cet assassinat, trois jeunes ont été tués par les forces de répression algériennes et leurs supplétifs.

Nous avons tendance à l’oublier, c’est pourquoi il est nécessaire de le rappeler. Redouane Salhi, 22 ans, tué par les gendarmes samedi 27 juin 1998 à Sidi Aïch ; Rachid Aït Idir, 18 ans, tué par balle le 27 juin 1998 à Tizi-Ouzou et Hamza Ouali, 17 ans, tué à Tazmalt le 28 juin 1998. Et là, c’était l’Etat algérien qui avait assassiné ces trois jeunes au vu et au su de tous. L’Etat algérien est bien un Etat qui assassine en toute impunité. Et en 2001, qui a tué quelques 130 Kabyles ? C’étaient bien les gendarmes et militaires algériens. Dire aujourd’hui que cet Etat a assassiné Lounès Matoub est l’hypothèse la plus plausible difficile à remettre en cause.

Et comment, alors, peut-on accepter aujourd’hui que cet Etat vienne s’occuper de la mémoire de Lounès Matoub ? Comment peut-on accepter que cet Etat prétende honorer sa mémoire et consacrer à celui qu’il aurait assassiné un musée ?
On ne peut imaginer que la mémoire kabyle et amazighe soit si courte pour oublier la responsabilité criminelle d’un Etat anti-amazigh qui n’a aucune légitimité si ce n’est celle de la force qui lui a été concédée par la France coloniale. L’idéologie meurtrière et obscurantiste de cet Etat doit être combattue. De sa disparition dépendent notre liberté et notre dignité.

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Mémoire

Ecoutons la dernière fois que Bouteflika a parlé !!!

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Depuis son AVC survenu le 27 avril 2013, le président Bouteflika ne parle plus en public.

Après plus de 80 jours passé à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce en France, il est revenu en Algérie. Grabataire, presque aphone, puisque ne s’adressant plus aux Algériens que par de mystérieux communiqués qui portent sa signature, il continue à se maintenir au pouvoir grâce à ses deux frères mais aussi et surtout à Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense qui lui doit tout ainsi qu’à une cour de serviteurs dont la seule obsession est de rester au pouvoir.

Dans les images que nous publions et qui sont montées par TF1, on entend à peine Bouteflika prononcer quelques bribes de phrases.

Mais cela semble suffir amplement aux yeux de Farouk Ksentini et de tous ses pairs pour demeurer président de la République

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Mémoire

Quand Bouteflika parlait de la capacité physique pour devenir président

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Il y a exactement vingt ans, en 1999, lorsque Abdelaziz Bouteflika entamait son premier mandat, une journaliste française lui avait posé une question sur sa crédibilité en tant que président mal élu suite au retrait des six autres candidats en lice pour la présidentielle.

A l’époque Abdelaziz Bouteflika se portait comme un charme. Sûr de ses capacités, Abdelaziz Bouteflika avait répondu avec énergie qu’un candidat n’a pas le droit de se retirer qu’en cas « incapacité physique ».

20 ans plus tard, en 2019, ce même Abdelaziz Bouteflika se présente pour briguer son cinquième mandat alors qu’il est incapable même de prononcer une phrase pour annoncer sa candidature !

Il y a des leçons que l’histoire administre à l’homme que Bouteflika devrait retenir.

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Mémoire

Saïd Sadi parle du coup d’Etat de Houari Boumédiène en 1962 contre le GPRA

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Pour l’ancien leader du RCD, les raisons de la crise multidimensionnelle qui touche l’Algérie remontent à 1962. Saïd Sadi affirme que tout a commencé avec le renversement du GPRA par la clique de Houari Boumdiène.

Pour lui, le régime politique algérien reste le même à ce jour. Il ne rate aucune occasion ces dernières années de parler avec détails de la confiscation de indépendance algérienne.

L’avis de Saïd Sadi est partagé par beaucoup d’opposants politique algériens.

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