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Mémoire

Hend Sadi évoque l’écrivain Mouloud Mammeri

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Dans une conférence, intitulée « Les intellectuels algériens et Mouloud Mammeri »  Hend Sadi (enseignant-chercheur, Université de Marne La vallée)  évoque l’immense écrivain, chercheur qu’était Mouloud Mammeri. Hend Sadi connaissait l’écrivain.

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Mémoire

Ramdane Abane n’a pas ordonné la mort des « Berbéristes »

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Depuis quelques années, circule sur le Net une note du CCE à l’adresse de la fédération de France du FLN. La missive est présentée comme un ordre pour liquider les berbéristes. Et ceux qui diffusent ce document le présentent comme une sentence sans appel contre Abane Ramdane. Qu’en est-il en vérité ?

Émanant de la direction issue du Congrès de la Soummam, l’instruction porte la paraphe de l’ensemble des membres du CCE. Elle est présentée comme une réponse au rapport envoyé par la Fédération de France. Le document traite d’une série de problèmes.

L’immixtion de la Kabylie dans la gestion des effectifs FLN sur le territoire Français, les mesures pour asseoir l’autorité de la direction fédérale sur les collectifs militants et les réseaux de collecteurs e fonds. Mais aussi, la façon d’asseoir l’hégémonie politique du Front face aux autres courants politiques algériens.

Le passage incriminé est celui-ci “ vous renouvellent leur confiance et vous assure d’un appui total dans votre travail de clarification, de consolidation du FLN en France et de liquidation des Berbéristes, Messalistes et autres contre-révolutionnaires qui continuent leur travail de sape et de division au sein de l’émigration algérienne”. Quel sens peut revêtir cette orientation ? “ Liquidation des” ? S’agit-il d’un ordre pour des liquidations physiques ? C’est ce que les propagandistes du net veulent faire accroire !!

Or, pour toute personne douée d’honnêteté, la note indique bien qu’il s’agit de liquider des courants politiques (au sens d’assoir l’hégémonie du FLN et d’annihiler toute influence des autres courants). Ce passage concerne manifestement le travail politique et non militaire. Comment puis-je avancer cela ? Simplement en soulignant que pour le volet militaire la note est absolument explicite dans son 5ème paragraphe. Celui-ci parle du MNA ; il avance qu’il faut “détruire ces bandes par n’importes quels moyens”. Pour cela, la note demande des précisions sur les capacités de “l’organisation spéciale” de la fédération de France et pose l’éventualité d’envoi d’éléments aguerris à partir des maquis de l’intérieur.

Nous voyons qu’il y a bien une distinction entre les problèmes abordés au 1er paragraphe et ceux traités au 5ème. Les premiers sont d’ordre politique et les seconds sont sans conteste militaires.

Les dessous de l’histoire

Il n’y a que ceux qui adoptent une façon caractérisée de regarder l’Histoire par la petite lorgnette pour faire porter à Abane la responsabilité de liquidation des patriotes berbéristes.

Peut-on soutenir que la dissidence Messaliste ne posait pas problème ? Que le FLN n’avait pas à établir l’hégémonie de sa démarche et à assoir l’unité des rangs algériens ? Ne fallait-il pas s’atteler à cette question épineuse ?

Or, dans cette direction collégiale, le chef de la Kabylie était resté Messaliste bien après le déclenchement de l’insurrection. Plus que cela, peut-on passer sous silence le fait que sa nomination comme chef s’était faite comme un élément clef de la liquidation des berbéristes ? N’est-ce pas en 1949 que Krim a été coopté par la direction du MTLD ?

En août 1956, Abane arrive, contre vents et marrées, à mettre en place une organisation qui se substitue aux fiefs et chefs de guerre. Il critique l’attaque d’août 1955 menée par Zighout. Il met de l’ordre dans le mouvement national et assoit une direction politique déterminée à agir à l’intérieur vers des perspectives politiques ouvertes aux différentes communautés sans distinction d’origines ou de confessions. L’œuvre est colossale, mais était-elle au goût de tous ?

Relevons que ce document est signé par l’ensemble des membres du CCE. La gravité des instructions qu’il comporte peut expliquer ce fait d’exception. Mais est-ce la seule raison envisageable ? Plus important, où et par qui cette instruction de “liquidation des berbéristes” a-t-elle pris un contenu militaire et a été suivie d’effet ? Pas dans l’immigration, en tout cas ! Rachid Ali Yahia témoigne de l’épisode de son contact avec Slimane Amirat. Mais, ce fut dans la wilaya III et sous la responsabilité du trio : Krim – Si Nacer – Amer At Chikh, ceux-là mêmes qui ont sévi en 1949 en tant que bras armé de la direction du MTLD, qu’elle est devenue un ordre de tuer !

Je crois que c’est faire un mauvais procès à Abane que de lui faire endosser la responsabilité de cette grave dérive. Vu son tempérament, s’il était convaincu de la justesse de l’orientation, les berbéristes auraient été cités au 5ème paragraphe et seule sa signature aurait figuré au bas du document. Mais ne pouvant éliminer Krim de la direction ni jouer l’unité de la direction naissante sur cette question, il a dû se résoudre, la mort dans l’âme, à voir une orientation mortifère prendre corps et s’appliquer.

Mohand Bakir

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Mémoire

Le jour où le colonel Houari Boumediene a failli être assassiné

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Le président Boumediene a été la cible d’un attentat mené par deux policiers en plein coeur d’Alger.

« C’est mercredi 24 avril 1968, le conseil des ministres venait de s’achever le chef de l’État, Houari Boumédiène, est invité à déjeuner chez le ministre Rabah Bitat. Les deux hommes s’engouffrent dans la voiture présidentielle. Détendu, Boumédiène plaisante avec son chauffeur, Nait Marzouk el-Hachemi : « On est invités, aujourd’hui. Et celui qui nous invite est assis à mes côtés ! » Il est 12 h 55. Le véhicule contourne la grande bâtisse blanche où se réunissent les membres de l’exécutif tous les mercredis.

Dans un virage, deux policiers de la Compagnie nationale de sécurité sont postés de chaque côté de la chaussée. Quand la voiture arrive à leur hauteur, le conducteur tourne instinctivement la tête vers celui de gauche… et le voit dégainer son arme et appuyer sur la détente. L’arme s’enraie. Le second policier se met à tirer en rafales. Panique à bord. Tandis que Nait Marzouk se retourne pour faire baisser sa tête au président, une balle le touche en plein visage. Elle entre par la joue droite. Le chef de l’État, lui, est atteint à la joue gauche. Les tireurs sont ensuite interceptés et le président est évacué à l’hôpital Maillot.

Sauvé in extremis

En attendant de passer sur le billard pour que la balle soit extraite, Boumédiène reçoit la visite de deux ministres. Le sourire aux lèvres, il lance : « J’ai la peau dure. » En français dans le texte… Le président algérien vient d’échapper in extremis à une tentative d’assassinat, après avoir évité un putsch quelques mois plus tôt, en décembre 1967. Dans les deux cas, Tahar Zbiri est à la manœuvre. L’ancien compagnon d’armes du coup d’État de 1965 contre Ahmed Ben Bella n’est pas satisfait de son traitement.

Le climat politique est dégradé. Les services de sécurité n’ont cessé d’alerter le président. Kasdi Merbah, le patron de la sécurité militaire, l’a exhorté à recevoir ses ministres au palais d’El-Mouradia plutôt que de descendre chaque semaine à leur rencontre dans le centre de la capitale. Réponse du chef de l’État : « C’est le mektoub [“destin”]. Tu as vu Kennedy? Il était à la tête d’un pays puissant, cela n’a pas empêché un homme de lui tirer dessus. » Ce jour d’avril 1968, le tireur n’était pas Lee Harvey Oswald et Boumédiène n’était pas Kennedy. C’est peut-être ce qui lui a sauvé la vie. Ainsi que celle de ses assaillants : condamnés à mort, ils ne verront jamais le président signer l’arrêt d’exécution, raconte Jeune Afrique.

Quelques jours plus tard, le 1er mai 1968, le colonel Boumediene apparaît pour un discours avec un bandage.

Le détail est raconté dans ce document exceptionnel réalisé tout de même par l’ENTV dans lequel nous voyons Kasdi Merbah, l’ancien patron de la Sécurité militaire, le chauffeur du président apporter leurs témoignages.

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Mémoire

Alanis Obomsawin, la voix des autochtones du Canada, s’exprime

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Dans ce document audiovisuel enregistré le 22 juillet 1964, la jeune Alanis Obomsawin souligne l’apport des indiens autochtones à la société dans un entretien avec le journaliste Jean Ducharme.

Alanis Obomsawin profite aussi de cette tribune pour défaire certaines perceptions. Agacée par certaines questions de l’intervieweur Jean Ducharme, notamment sur l’intégration, elle n’hésite pas à le confronter : « Vous allez demander à n’importe quel Indien, il va toujours vous dire : je suis Indien, ça finit là. N’essayez pas de lui faire dire autre chose : il est indien! Je sais que pour vous ça n’a aucun sens que moi je vous dise ça. Je vis ici, je travaille ici, je vais chez nous, mais vous ne me ferez jamais dire que je suis autre chose. Je suis une Indienne, c’est tout »

En 1971, Alanis Obomsawin n 1971, cette voix forte et enracinée allait marquer le cinéma canadien avec la réalisation d’un premier documentaire, « Christmas at Moose Factory ». Pour la première fois au Canada, un film permet de découvrir les réalités autochtones de l’intérieur, racontées par ceux et celles qui les vivent. Une particularité qui caractérisera toute l’œuvre de la cinéaste.

La cinéaste, militante et chanteuse abénaquise se verra consacrer une murale au centre-ville de Montréal.D’origine abénaquise, Alanis Obomsawin est née le 31 août 1932 dans l’État du New Hampshire, aux États-Unis. Elle a 6 mois lorsque sa famille revient au Québec et s’installe dans la réserve d’Odanak, d’où sa mère est originaire.

À 9 ans, elle déménage à Trois-Rivières. Seule enfant autochtone de son école, elle connaît peu le français, et pas du tout l’anglais. À cette époque, les livres d’histoire du Canada parlent encore de son peuple comme de sauvages sans foi ni loi. Elle subit sarcasmes, abus et préjudices. Les chants et les légendes qui lui ont été transmis pendant toute son enfance lui servent alors de refuge. Lorsqu’elle perd son père à l’âge de 12 ans, elle prend la résolution de ne plus jamais se laisser bafouer et acquiert peu à peu la conviction qu’elle doit donner une voix à son peuple.

Dans les années 1950, elle fréquente un noyau d’artistes dont fait notamment partie Leonard Cohen. Elle commence sa carrière d’auteure, de chanteuse et de conteuse en 1960 à New York. Elle est remarquée par l’Office national du film du Canada (ONF), où elle entre à titre de conseillère en 1967. En 2017, elle compte plus de 30 documentaires à son actif, comme scénariste, réalisatrice et productrice.

Auteur-compositrice-interprète, elle réalise le disque Bush Lady en 1988, où se mêlent chants traditionnels et compositions.

Alanis Obomsawin a reçu les plus hautes distinctions en reconnaissance de son immense contribution et de son engagement social. Ses documentaires ont été récompensés par plus d’une trentaine de prix internationaux.

Avec Radio Canada

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