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Cherif Kheddam pour ne pas oublier

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Cherif Kheddam est né en 1927 à Taddert Boumessaoud dans l’actuelle commune d’Imsouhal, dans une famille de paysans. À l’âge de 9 ans, il suit une formation coranique à la zaouïa de Boudjellil, dans la région de Tazmalt. En 1942, il part à Alger pour travailler dans une fonderie à Oued Smar. Cinq ans plus tard il s’installe en France et s’établit à Saint-Denis puis à Épinay. Au début, il travaille dans une fonderie puis dans une entreprise de peinture. Voir wikipedia

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Taos Amrouche dans un enregistrement rarissime

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Née à Tunis en 1913 dans une famille algérienne kabyle convertie au catholicisme, Taos Amrouche s’est rendue célèbre en interprétant des chants kabyles dans les années 60, chants populaires traditionnels auxquels personne ne s’intéressait à l’époque.  Elle est enterrée à Saint-Michel-L’Observatoire, dans le département des Alpes de Haute Provence (France).

Dans un témoignage Mohamed A. Lahlou écrit : Exilée dans un autre pays, exilée dans une autre religion, exilée dans une autre langue, Marguerite Taos Amrouche, auteure de nombreux ouvrages et romans et interprète des chants traditionnels berbères, est restée l’Algérienne qu’elle a toujours été, la Berbère qu’elle n’a jamais cessé d’être, la passionnée de la culture algérienne qui a toujours été la sienne. Elle fut la première Algérienne à publier un roman, Jacinthe noire, en 1947. Elle a donné sa voix exceptionnelle aux chants berbères de Kabylie ; c’est à ce titre qu’elle fut invitée pour se produire sur de nombreuses scènes d’art et de culture, notamment à Paris, Madrid, Barcelone, Dakar, Florence et Rabat.

Le pouvoir algérien de l’époque l’a cependant privée des honneurs qu’elle méritait et ne l’invitera même pas au Festival culturel panafricain d’Alger, en 1969.
Elle sera, par contre et pour une juste réparation de reconnaissance, invitée pendant cette période, à Alger, par les étudiants de l’université d’Alger, devant lesquels elle déclamera, avec émotion et fierté, ses poèmes et ses chants. Elle participera, à Paris, en 1966, à la fondation de l’Académie berbère. Ses principaux romans sont : Jacinthe noire (1947), Rue des tambourins (1960), L’amant imaginaire (1975). Elle laisse également un recueil de poèmes, histoires et proverbes kabyles Le grain magique (1966). Ses disques ont sauvé, à jamais, de l’oubli, les Chants traditionnels berbères de Kabylie qu’elle tenait de sa mère, auxquels elle a donné sa merveilleuse voix et qu’elle a chantés, pour la première fois en public, au premier Congrès de musique marocaine de Fès, en mai 1939, à l’âge de 26 ans. C’est à cette occasion qu’elle a été nommée pensionnaire de l’Académie espagnole de Musique, La Casa Vélasquez de Madrid. Au-delà de ce parcours exceptionnel, il y a aussi le lien émotionnel intense, le lien charnel, qu’elle entretenait avec son pays et son peuple, elle qui a été projetée d’un exil à un autre, d’une rupture à une autre, d’une incompréhension à une autre. Comment retrouver les signes de cette vie bouleversante, sinon dans ses écrits les plus spontanés ? Dans ces écrits qui ne sont pas retravaillés ou réécrits sous le regard d’un éditeur exigeant. Dans ces écrits, on retrouve l’émotion, non plus celle d’une femme écrivaine et chanteuse d’opéra, mais l’émotion brutalement ressentie au plus profond d’elle-même. On y découvre l’émotion d’une Algérienne blessée par l’exclusion qu’elle a connue et vécue avec douleur. On y découvre aussi ses espérances pour une Algérie dont elle rêvait, comme d’un fruit à cueillir avec tendresse. On y découvre le cri d’une femme meurtrie par l’incompréhension d’hommes politiques désincarnés de la vérité de leur société.
On y découvre aussi cette prémonition, qui était la sienne, qu’un jour les jeunes de son pays viendraient à bout de toutes les injustices et de tous les oublis. Elle n’a eu le temps de vivre ni Avril 80, ni Octobre 88, mais elle pressentait qu’un jour meilleur viendrait grâce à une jeunesse algérienne bouillonnante du désir de liberté. Dans ces extraits de lettres, on pourra suivre ses appels au pays qui lui manque, à ce pays que lui ont arraché ses exils et ses exclusions.

Elle ne cessait de se voir, comme dans un récit fabuleux, parcourant l’immensité de l’Algérie et en même temps toute sa beauté. Dans ces extraits de lettres, nous suivrons, impuissants, son long combat contre la douleur d’une maladie qui l’arrachera à la vie ; une vie qu’elle voulait prolonger pour voir se réaliser son rêve le plus fou, celui de revoir son pays, sa Kabylie, son Algérie, de se réapproprier ces objets si simples d’une vie simple qu’elle voulait revivre. Comment, à l’écouter nous lire ses lettres, ne peut-on point sentir cette fragilité et cette force de résistance qui était la sienne ? Comment ne pas ressentir pour Nna Taos, l’émotion communicative qui était la sienne ?
Écoutons-la donc lire ses propres mots écrits de sa propre main et essayons de reconstruire, avec elle, son univers intime. »

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Matoub Lounès chante Dahmane El Harrachi

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Qui a dit que Matoub Lounès est raciste ? Dans cet enregistrement il donne la pleine mesure de son respect pour l’art. Il reprend une des chansons du très populaire chanteur chaabi Dahmane El Harrachi.

Revisitée par l’iconoclaste Matoub Lounès, la chanson « Dir Hsabek » prend une autre tonalité. Artiste jusqu’au bout des ongles, Matoub Lounès ne s’interdisait rien. Et ce n’est pas le seul enregistrement quil a fait en arabe populaire.

Voilà encore une preuve qu’en affirmant son identité amazighe Matoub Lounès ne sous-entendait évidemment pas qu’il rejetait ou détestait les autres. Loin de là, mais juste qu’il ne voulait pas qu’on le prenne pour celui qu’il n’est pas. Quant à l’art de la chanson, la langue est un véhicule, un moyen pour dire des situations.

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Mohamed Sekat, auteur de l’immortelle « Tanina », s’est tu

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Mohamed Sekat s’est éteint en ce 19 novembre. Il s’en est allé comme il a vécu : discrètement.  Mohamed Sekat est un chanteur discret. Il est surtout connu pour cette très belle chanson Tanina. Il est né à Tixeraïne (Alger) et a fait l’école primaire toujours à Tixeraïne puis à la cité Malki (Ben Aknoun).

Dans un entretien à l’Expression il raconte comment il a écrit et composé Tanina : « Aux environs de 1973 ou 1974, nous avons fait un disque composé de deux chansons; Anevdhou youghal dhechathoua et la chanson Anidha thalidh azhar. C’est ma voix que vous entendez dans cet album du groupe Issoulas. Ensuite, en 1977-1978, nous avons enregistré un 33 tours Thachamlith dans lequel j’ai chanté À yadhrar vou idhaflawen.

Après avoir quitté le groupe, j’ai enregistré un 45 tours Oh! A Thanina et Dilahna. En 1978, j’ai sorti une cassette en France composée de sept chansons. En 1985, j’ai arrêté de chanter. Depuis, j’ai enregistré huit chansons que j’ai déposées à la Radio Chaîne 2 ».

La chanson Tanina sera traduite en français par Tahar Djaout. « En 1973, je chantais moderne dans un groupe moderne qui s’appelait Issoulas », se souvenait-il.

L’autre chanson de Sekat du temps du groupe Idurar.

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